top of page

5 résultats trouvés avec une recherche vide

  • La place de la langue (ou du français) dans le programme Montessori

    Partie 2 : Pourquoi nous oublions notre français : aller au-delà des tables de conjugaison et des dictées Nous allons continuer notre série d’articles sur la place de la langue dans le programme Montessori en attaquant les deux gros éléphants dans la méthodologie: la conjugaison et l’orthogrpahe. Combien d’entre vous ont vu les petits mots ramenés à la maison par vos enfants, écrit par les autres enfants, et ont ont failli vous étouffez avec votre café? Nous avons un petit secret à vous partager: nous ne corrigeons pas les productions écrites de vos enfants les premières années en élémentaire. Cela reste en ligne avec le principe du contrôle de l’erreur qui ne vient pas de l’adulte, mais du matériel. Souvenez-vous des emboîtements cylindriques dans le 3-6? Ou bien des tableaux à doigts mathématiques dans le 3-6? Ces deux matériels, comme tout le reste en classe, ont un élément commun, et essentiel au bon fonctionnement de la méthode: ils sont auto-correcteurs. L’enfant n’a pas besoin qu’une tierce personne vienne lui dire qu’il n’a pas effectué le travail correctement, le matériel le lui montre. Soit il se rend compte de son erreur et il la corrige, soit il ne s’en rend pas compte, il n’est donc pas encore cognitivement prêt à la corriger. Il en va de même avec l’orthographe et la conjugaison en élémentaire (ainsi que le reste des apprentissages). Que la correction soit faite de façon bienveillante ou non, la correction imposée par une tierce personne reste une correction inutile sur le long terme. Si vous connaissez les travaux de Stanislas Dehaene, Karin James ou Robert Bjork, vous savez que l'apprentissage par l’erreur est le seul qui soit réellement durable et profond. L’erreur n’est pas un échec, c’est une information indispensable au cerveau pour recalibrer ses prédictions. En laissant l'enfant corriger ses propres productions, nous développons son endurance neurologique: nous n'apprenons réellement que lorsque notre cerveau traite un écart et parvient à le résoudre par lui-même. Lorsque nous corrigeons un enfant nous court-circuitons son cerveau momentanément. Non seulement, la correction immédiate et effectuée par l’enseignant, ici, est inutile, mais cette correction constitue un obstacle à la créativité, et crée une dépendance à l’adulte. Vous souvenez-vous du fameux ‘Est-ce qu’il est beau mon dessin?’. A 6 ou 7 ans cela devient: ‘Est-ce qu’il est bon mon problème? Est-ce que j’ai bien écrit mon mot?’ L’enfant n’utilise plus toutes les ressources qu’il possède par peur de faire des erreurs. Dans le cas du langage, il va par exemple se mettre à toujours réutiliser les mêmes mots puisque ce sont ceux qu’il sait orthographier. Cela s’applique à tous les domaines: l’enfant ne va faire que ce qu’il maîtrise à 100% afin d’être sûr de ne pas commettre d’erreurs. En Montessori, nous préférons un enfant qui fait 10 erreurs et en découvre 2 par lui-même, plutôt qu'un enfant qui produit un travail parfait parce qu'il a été corrigé à chaque ligne. Imaginez que vous ayez arrêté votre enfant à chaque chute lorsqu’il s’est mis à marcher les premières fois? Est-ce que vous lui avez fait des discours sur où placer son pied exactement ou comment mieux tenir en équilibre? Est-ce que vous l’avez grondé parce qu’il tombait trop? Et le vélo? Est-ce que vous avez passé votre temps à tenir le vélo droit pour votre enfant? Ou est-ce que à un moment donné votre enfant a-t-il dû se débrouiller tout seul et tomber plusieurs fois avant de réussir à garder son équilibre - seul - en se laissant guider par les retours d’informations corporelles et sensorielles?Pourquoi donc ne pas continuer de nous reposer sur nos enfants et de leur faire confiance si nous mettons à disposition du matériel avec correction intégrée? Quels sont donc ces outils magiques qui permettent à vos enfants d’apprendre à écrire/orthographier correctement de façon indépendante, autonome et créative? Nous sommes très loin du bachotage (prenez conscience du terme: toute notre scolarité vise un examen: le bac. Cela est aussi un sujet pour une autre fois…) intensif des autres écoles où, soyons réalistes, au sein de notre société, l'emploi du temps est plus qu'un simple calendrier, c'est un filet de sécurité. Il y a un soulagement profondément ancré à croire que si un enfant passe des heures penché sur des tables de conjugaison et la préparation de dictées, les connaissances seront acquises. En moyenne, en CP, CE1, CE2, les enfants ont 10 heures de français par semaine, qui passent à 8 heures en CM1 et CM2 et à 5 heures en 6e. Le nombre total d'heures hebdomadaire de cours dans ces classes est de 24 heures en moyenne. Cela représente près de 50 % du temps total d'apprentissage à l'école consacré à une seule matière. Cela montre l'importance excessive accordée à la poursuite d'objectifs très spécifiques, au détriment de toute autre connaissance ou information culturelle, ainsi que l'anxiété qui y est liée. L’expérience, la vie réelle - et la méthode Montessori - montrent que cette base n'est en fait pas une base. L'enseignement traditionnel repose sur la mémorisation aléatoire. Si cela semble productif lors d'un contrôle le vendredi, la réalité à long terme est beaucoup moins impressionnante. Les enfants doivent se préparer à une dictée préparée le vendredi en étudiant toute la semaine le même texte sous différents aspects (lexical, grammatical, conjugal, orthographique) et, pour le plus grand bonheur de la plupart des parents, en révisant une dernière fois le jeudi soir à la maison. Cela prépare certes les enfants à orthographier correctement un texte spécialement préparé, mais cela les aide-t-il vraiment à comprendre le mécanisme du fonctionnement du langage afin qu'ils deviennent naturellement bons en orthographe, même lorsqu'ils écrivent un texte spontané, sans préparation préalable ? Certes, il y a répétition. Et les Montessoriens aiment la répétition. Plus il y a de répétition avec un matériel, plus l’enfant se l’approprie et peut en découvrir les différents enseignements qu’il comporte. Plus il répète, mieux il maîtrise, plus il intègre la notion véhiculée par le matériel. Un enfant qui ne répète pas, est un enfant qui reste en surface, qui ne s’approprie vraiment jamais la nouvelle notion. Si l'information est apprise sans que son utilisation dans la vie quotidienne soit comprise ou utilisée, le cerveau la classe comme temporaire (Custers, E. J. (2010). « Long-term retention of basic science knowledge: a review study »). Selon lui, pour briser ce schéma, il faut une répétition espacée et une application clinique de l’information. Qu'est-ce que cela signifie pour les enfants d'âge scolaire ? Les enfants doivent être capables de répéter la même activité ET de l'appliquer à la vie réelle. Dans les environnements Montessori, non seulement les leçons sont répétables, mais les adultes encouragent les enfants à les répéter encore et encore, afin de comprendre pleinement le travail, sans l'aide de l'adulte à terme, et de découvrir par eux-mêmes les « règles » ou les informations que le matériel est censé leur transmettre. La découverte par soi-même prime sur la simple énonciation d'informations par quelqu'un d'autre. Lorsque les enfants mémorisent des listes de règles orthographiques comme des données isolées, le cerveau les traite comme des « fichiers indésirables », c'est-à-dire des informations temporaires à supprimer une fois la « tâche » (l'examen) terminée. Le cerveau est naturellement un outil de reconnaissance de schémas, et non un appareil à enregistrer. Pour vraiment apprendre, nous devons cesser de traiter le français comme une liste de règles et commencer à le traiter comme un système vivant. Dans un environnement Montessori, on passe d'une mémorisation passive à un apprentissage actif et à une récupération espacée des données. D’une part nous n’enseignons pas le français. Nous le mettons à disposition des enfants, comme le reste des matières de la classe. Prenons comme exemple une des premières règles de base étudiée vers 6 ans: le singulier et le pluriel. Les enfants ont accès à un matériel, des petites étiquettes qu’ils doivent ranger ensemble une fois la présentation donnée: des mots au singulier et des mots au pluriel, ils doivent associer les articles aux noms correspondants, et ensuite travailler avec. Pour chaque enfant le travail sera différent: copie des mots, réorganisation des étiquettes de nombreuses fois et relecture des mots, mini quizz entre enfants, présentation des mots dans des petits livrets, dans un poster, etc… Nous ne leur disons jamais, au pluriel on rajoute un ’s’, nous avons une présentation sur le pluriel dont le matériel est conçu de telle sorte à ce que les enfants réalisent par eux-mêmes que le nom au pluriel prend un ’s’. A un moment donné (assez rapidement), ils le découvrent par eux-mêmes. Nous avons même une petite boîte avec la règle qui correspond à la petite boîte qui contient les étiquettes. Une fois que l’enfant a découvert la règle, il peut extrapoler, aller plus loin, et faire ses propres listes de mots pour mettre en pratique de façon motivée, intéressée et immédiate sa découverte. Vous pouvez appliquer ce principe à toutes les compétences langagières que nous avons en classe: règles orthographiques, conjugaison, grammaire, lexique. D’autre part, nous ne demandons pas aux enfants de ne travailler qu’avec du matériel de langage ou de mathématiques pendant la matinée. Nous les exposons et les incitons à travailler avec les 8 domaines de la classe: langage, mathématiques, géométrie, biologie, histoire, géographie, art et musique. Ils doivent utiliser le langage lorsqu’ils travaillent les autres matières: ils doivent lire, ils doivent écrire, ils doivent comprendre ce qu’ils lisent, ils doivent pouvoir se relire. Imaginez-vous en plein exposé sur les dinosaures, vous n’arrivez pas à relire vos notes - ou celles écrites par votre camarade: cette expérience va vous inciter, plus que toute correction ou tout bachotage à écrire plus nettement, à vous entraîner à mieux lire, etc… - même à 6 ans. Nos outils d'apprentissage restent concrets et manipulables, au-delà du 3-6. On bannit les cahiers d’exercices en les remplaçant par des alphabets mobiles, des étiquettes à manipuler, des petites fiches de consignes ouvertes et repérables à l’infini. On donne aux enfants la possibilité d'apprendre à différents niveaux : non seulement de manière visuelle, mais aussi en utilisant leur ouïe (ils travaillent en groupe: ils se parlent, ils se lisent les mots, les consignes, leur travail), leur toucher et leur sens stéréognostic. Cela aide également les enfants qui ont encore des difficultés à lire et à écrire à accéder à une mine d'informations et de connaissances sans créer de blocages psychologiques et sans détruire leur confiance. Et si le cerveau d’un enfant n’arrive toujours pas, à partir d’un certain âge, à comprendre certaines règles, ou intégrer certains apprentissages, il s’agit d’une question à traiter à part entière et dont il faut échanger avec les guides. Oui, mais mon enfant qui a bien plus de 6 ans continue d’oublier de mettre ses ’s’ au pluriel alors que je sais qu’il connaît la règle. Posez-vous la question: votre enfant connaît-il la règle mais oublie-t-il emporté dans son élan d’écriture? N’a-t-il pas fait attention à ce qu’il écrit? Demandez à votre enfant de se relire tout simplement et n’oubliez pas d’utiliser votre sens de l’humour.Lorsque nous introduisons la correction, c’est de nouveau en alliant l’enfant à celle-ci: nous soulignons quelques fautes, les plus récurrentes, sur la page, et nous indiquons dans la marge de quel type de faute il s’agit (Orthographique: il faut aller chercher dans le dictionnaire ou retrouver la règle, Conjugaison: il faut aller chercher dans le matériel ou le bescherelle, etc…). Nous apprenons à l’enfant à s’auto-évaluer. Et nous le faisons une fois que l’automatisme de l’écriture a été mis enplace, une fois que l’enfant est à l’aise avec le fait de mettre sa pensée par écrit de façon fluide et spontanée, une fois que l’enfant a suffisamment d’expérience avec un bon nombre de règle orthographiques et de conjugaison pour pouvoir se rappeler des règles et les appliquer par lui- même. Lorsque les enfants plus âgés commencent à utiliser le Bescherelle, ce n’est pas pour mémoriser des tables de conjugaison, c’est en tant qu’outil leur permettant de travailler de manière indépendante et autonome, de façon intelligente, en utilisant leurs compétences et leurs bases pour continuer à améliorer leur travail, non pas parce qu'un adulte va les noter, mais parce qu'ils veulent produire le meilleur travail possible parce qu’ils ont compris que leurs productions sont une réflexion d’eux auprès dun monde extérieur. L'objectif de cette approche n'est pas seulement de réussir une dictée le vendredi, ou que votre enfant rentre à la maison avec des jolies cartes aux petits messages tous identiques et parfaitement bien écrits par qu’ils auront été revus et corrigés une bonne dizaine de fois. Il s'agit de faire passer l’étude de la langue française de la « mémoire déclarative » (savoir qu' une règle existe) à la « mémoire procédurale » (savoir comment l'utiliser instinctivement). Une fois de plus, gardez les petits mots que vos enfants vous font ici et là de temps en temps. Gardez-les sur 2, 3, 4 ans. Et comparez-les. Notez la progression dans l’écriture graphique, et dans l’orthographe. Lorsqu'un enfant comprend les mécanismes d’une langue, il ne se contente pas de mémoriser une règle, il intériorise une compétence, un peu comme lorsqu'il apprend à faire du vélo. Il n'apprend pas seulement le français, il devient français. Et il peut appliquer cela à n'importe quelle autre langue qu’il apprendra par la suite. Car, tout comme un nouveau-né naît avec la capacité de parler n'importe quelle langue du monde, un enfant a la capacité de comprendre comment fonctionne le Langage.

  • La place du langage (ou du français) dans le programme Montessori

    Partie 1:  Écriture manuscrite : efficacité ou art? ©️Ludmila Katz Nous entendons souvent et croyons souvent au mythe « Une écriture soignée en CP signifie que l'enfant est un bon élève. » La réalité nous informe, grâce à la neuropsychologie, que lorsqu'un enfant est obligé de se concentrer sur l'aspect visuel de la page, il perd jusqu'à 90 % de sa capacité à traiter le sens des mots.  Notre approche Montessori consiste à développer l'automatisme. Nous préparons la main comme un outil afin que, lorsque votre enfant écrit, il se concentre sur ses idées et non sur l'encre. Le cahier le plus soigné en CP pourrait en fait être un signal d’alarme pour l'avenir de votre enfant. Il faut savoir différencier l’imitation calligraphique et l’automatisme neuronal. A travers la méthode Montessori, nous développons la main de l’enfant comme une arme d’expression afin qu’arrivé au collège, ils puisse penser et écrire simultanément.  Non seulement nous enlevons l’anxiété liée à l'apprentissage du langage comme nous l’avons connu (qui parmi nous n’a pas encore des sueurs froides et des cicatrices laissées par les heures infinies d'exercices forcés et répétitifs de Français à l’école)?  Nous menons les enfants, avec fluidité et joie, au travers d’un parcours bien plus rigoureux au final, vers la maîtrise réelle d’une langue, qui ne laisse pas de cicatrices, mais qui libère l’esprit - et le corps - de votre enfant. Dans le système français traditionnel, l'éducation est souvent considérée à travers le prisme du « vide », un cycle très intense de dictées, de conjugaisons et d'exercices répétitifs. Pour nombre d’entre nous, cela a laissé des « cicatrices linguistiques ». Nous proposons un parcours différent : l'école primaire Montessori n'est pas une échappatoire à ces normes, mais un parcours bien plus rigoureux pour les maîtriser. Vous souvenez-vous à quoi ressemble un emploi du temps du CP à la 3ème? Français et Maths le matin, tous les matins, et quelques autres matière ici et là les après midi, avec encore un peu plus de français, pour bonne mesure. Une grosse pause au milieu, dans quelle but? Cette pause fera sûrement l’objet d’un autre article, nous disgressons… Revenons-en au Français. Il n’y a pas que les Maths qui sont la bête noire des anciens élèves de notre cher système français. Certes nous avons été soit bon élève soit mauvais élève, ou un peu entre les deux en fonction de notre degré d’interêt, mais ne nous mentons pas, lequel d'entre nous a réellement pris plaisir à faire ses lignes de mots, répéter à l'infini ses listes de mots imposées, et conjugué ou plutôt ânonner les verbes sous toutes leurs formes de conjugaisons possibles et imaginables, sans une seule fois pouvoir faire le lien entre ces tâches et notre intérêt, notre vie. Nous allons vous peindre un tableau bien différent de ce que vos enfants vivent au quotidien, ici, à Montessori Hossegor. Et nous espérons qu’à la fin de de cet article vous aurez envie d'utiliser le fameux retourneur de temps d’Hermione Granger pour revenir vivre vos années élémentaires chez nous! En tant que parents, vous craignez souvent que sans exercices répétitifs forcés, l'écriture manuscrite de votre enfant en pâtisse. Examinons donc de plus près l'endurance neurologique requise par le système français. L’effet netteté est acquise, parfois dès la grande section, au prix d’un stress qui conduit souvent à un ‘crash’ au collège, lorsque l’enfant n'est plus capable de penser et d’écrire simultanément. En Montessori, nous nous concentrons sur l’automatisme? D’un côté nous affinons le contrôle de la motricité fine, grâce à une belle panoplie de matériel Montessori didactique, comme les inserts métalliques, dès l’âge de 3 ans ½, 4 ans, et les lettres rugueuses. Nous développons ainsi la mémoire musculaire de la main, avant que l’enfant ne soit obligé d’écrire de longs textes. Ces ‘dessins’ permettent aux élèves plus âgés par la suite, d’écrire avec un rythme fluide, comme des adultes, ce qui permet à leur cerveau de se concentrer sur le contenu de leurs idées, et non sur la difficulté d’utiliser un crayon, ou un stylo par la suite. Le résultat? Au-delà de la netteté immédiate acquise à l’âge de 5-6 ans, votre enfant se retrouve à l'âge de 12 ans, prêt à affronter n’importe quel système. Par exemple, dans les écoles françaises conventionnelles, l'accent est mis sur la grille de Seyes et la « perfection » visuelle de la lettre. Mais des études en neuropsychologie montrent que lorsqu'un enfant est obligé de concentrer 90 % de ses capacités cérébrales sur la mécanique de la lettre (rester dans les lignes), il ne lui en reste plus 0 % pour la syntaxe et le sens. C'est pourquoi de nombreux élèves français « échouent » au collège. Ils savent écrire magnifiquement, mais ils ne peuvent pas réfléchir et écrire en même temps. Leur écriture est un « masque performatif » qui cache un manque de traitement linguistique profond. Rendez-vous chez n'importe quel graphothérapeute français et demandez-lui qui sont ses clients. Il s'agit en grande majorité d'enfants issus d'écoles traditionnelles qui ont développé une crampe de l'écrivain (crampe de l'écrivain) ou une dysgraphie parce qu'ils ont été contraints d'écrire trop, trop tôt, avec une mauvaise prise en main. La répétition forcée conduit à une « hypertonicité » : l'enfant tient le stylo comme une arme. En Montessori : nous utilisons les inserts métalliques et les lettres en papier de verre pour développer la « mémoire musculaire » et le « contrôle de la pression » avant même que le stylo ne touche le papier. Certes,  l'écriture des enfants Montessori peut sembler « plus lâche » au début, moins organisée, mais elle est durable. À l'âge de 9 ans, ils ont l'«endurance» nécessaire pour rédiger un rapport de 5 pages sans douleur, tandis que les enfants scolarisés de manière conventionnelle sont souvent « épuisés » par l'acte d'écrire à l'âge de 10 ans. Vous pensez que les ordinateurs vont remplacer l'écriture manuscrite? La science affirme que si vous remplacez le stylo par un clavier, vous endommagerez le circuit de lecture. En effet, les recherches de Karin James (Université de l'Indiana) montrent que lorsque les enfants écrivent à la main, ils activent un « circuit de lecture » dans le cerveau qui est complètement inactif lorsqu'ils tapent au clavier. En Montessori nous avons donc un avantage: nous ne nous contentons pas d'« écrire » à la main, nous utilisons l'écriture cursive. Les neurosciences (par exemple, Frontiers in Psychology, 2020) confirment que l'écriture cursive synchronise les ondes cérébrales dans la gamme des rythmes thêta, qui est l'état optimal pour la mémoire et l'encodage de nouvelles informations. Un enfant qui tape tout au clavier a un encodage « plus superficiel ». Le cerveau d'un enfant Montessori est littéralement plus « adulte » dans son traitement des lettres, car il les a physiquement construites. Comme Montessori considère l'écriture comme une extension de la pensée (l'« explosion dans l'écriture »), les connexions neuronales sont plus profondes. Des recherches montrent que les enfants qui apprennent à écrire par des méthodes sensorielles et autodirigées conservent mieux la mémoire orthographique que ceux qui ont suivi un apprentissage par cœur, même lorsqu'ils passent finalement au clavier. Revenons-en à la fameuse phrase - ou critique : « Mais les enfants de l'école publique - ou privée conventionnelle - ont des cahiers plus soignés »! Et bien oui. Les enfants de l'école publique pratiquent la calligraphie (du dessin). Nos élèves pratiquent le codage ( la réflexion). La propreté chez un enfant de 7 ans est souvent un signe d'«inhibition cognitive» : ils ont tellement peur du stylo rouge qu'ils ont cessé de réfléchir aux mots. Nous, nous développons leur « endurance neurologique » qui leur permettra d'écrire avec élégance et profondeur tout au long de leur vie, et pas seulement pour obtenir une étoile dorée le vendredi. Si vous voulez des preuves de cela, gardez les petits mots et bouts de papier que votre enfant écrit et observez le progrès et la différence rien que sur ses 3 premières années d’élémentaire de votre enfant.  A MH, nous ne craignons pas le « vide » du système français. Nous préparons nos élèves à en devenir les leaders. En remplaçant l'anxiété liée à l'apprentissage par cœur par la maîtrise sensorielle et les sciences cognitives, nous veillons à ce que votre enfant, lorsqu'il effectuera la transition vers un autre système, ne se contente pas de survivre, mais s'épanouisse. A la fin de cette série d’articles sur le langage, vous comprendrez comment votre enfant n'apprend pas seulement le français. Il maîtrise l'art d'être français dans un monde globalisé.

  • Comment pouvons-nous aider nos enfants à penser ?

    Le Dr Montessori a observé pour la première fois la capacité de raisonnement d'un nourrisson à l'âge de 3 semaines. Il s'agit d'une observation importante, car elle nous amène à nous demander ce qu'elle a observé pour dire que le nourrisson utilisait l'esprit de raisonnement. Tout d’abord, identifions ce que signifie raisonner. La raison est définie comme le pouvoir de comprendre, de déduire ou de penser, en particulier de manière rationnelle et ordonnée. La capacité à raisonner n'est pas une compétence mais un développement. Le lobe frontal du cortex cérébral est la partie du cerveau qui s'occupe de la fonction de la raison. Cette partie du cerveau est également impliquée dans le langage et les émotions. Plutôt que de vous embarrasser de science, établissons simplement le lien entre la raison et le langage. Il serait facile de considérer que la raison a besoin du langage pour se développer. Mais comment ? Ce langage peut être un dialogue interne ou un dialogue externe avec vous, le parent. Très tôt, au cours de la vie de l'enfant, c'est le rôle de l’adulte d'aider à développer le raisonnement en offrant un environnement riche en langage. Imaginons que nous nous adressons à un nourrisson, c'est-à-dire à un enfant qui ne marche pas encore. Si nous voulons qu'il développe le langage, nous n'enseignons pas mais nous modélisons en utilisant un langage riche et varié. "Regarde cette feuille, elle est belle, sa forme est ovale et elle est d'un beau vert. J'appellerais probablement cette couleur ‘vert citron’". En tant que parents, nous devons créer un environnement riche en langage si nous voulons que nos enfants assimilent un vocabulaire varié. Qu'en est-il de la raison ? Pour le nourrisson, nous devons encore une fois favoriser le développement en complétant notre capacité de raisonnement en tant qu'adulte. De cette façon, nous aidons l'enfant à développer ses capacités de raisonnement. "Regarde cette feuille sur le sol. Je me demande d'où elle vient. Hmm, elle ressemble à la même feuille que les feuilles de l'arbre juste là. Je pense donc qu'elle vient de cet arbre". Cela peut paraître étrange, mais de cette manière, nous, adultes, aidons consciemment l'enfant à développer son esprit de raisonnement. Les jeunes enfants de moins de trois ans absorbent inconsciemment leur environnement, ce qui inclut le raisonnement. Parfois, vous ne vous rendez même pas compte que vous raisonnez, mais votre enfant absorbe certainement ces expériences de raisonnement. Imaginez que vous alliez à la boulangerie et qu'il n'y ait plus le pain que vous voulez, vous entamez une conversation avec le boulanger et lui expliquez que vous avez besoin de pain pour un dîner. Avec le boulanger, vous pouvez raisonner sur le pain que vous obtiendrez et sur les raisons pour lesquelles il sera suffisant. Si votre enfant est avec vous, il l'absorbera. Cela se produit tout le temps. À la maison comme à l'extérieur. Si votre enfant est à portée de voix, il l’absorbera. Passons maintenant à l'enfant de 3 à 6 ans, celui qui possède un esprit conscient et absorbant. Cela signifie que les enfants de cet âge évoluent vers la conscience. Par exemple, si nous prenons le concept du temps, ils deviennent plus conscients du temps réel. Ils commencent à avoir les concepts de demain, d'hier, de ce week-end ou de cette année. Il faut être un peu conscient pour comprendre ces concepts. Les enfants de 3 à 6 ans aiment poser des questions. Il semble parfois poser sans relâche des questions aux adultes. Qu'est-ce que c'est que ceci ? Qu'est-ce que c'est que cela ? Comment cela se fait-il ? Pourquoi ? Encore une fois, nous devons continuer à donner à l'enfant de cet âge un environnement riche en langage. Nous devons répondre à ses questions, car non seulement cela stimule le développement et construit l'intellect, mais c'est aussi une source de satisfaction émotionnelle. Mais qu'en est-il du raisonnement ? Comment soutenir le développement du raisonnement chez cet enfant ? Nous devons nous rappeler que les enfants et même les adolescents développent leur capacité de raisonnement et que tous les adultes dans leur vie ont un impact sur le résultat du pouvoir de raisonnement. À un moment donné, entre 3 et 6 ans, l’adulte doit faire activement appel à la capacité de raisonnement de l'enfant. Plutôt que de continuer à répondre à ces questions incessantes, il est parfois nécessaire de faire appel au raisonnement. Ainsi, si cet enfant vous pose une question, à vous de voir s'il s'agit d'une occasion pour votre enfant de raisonner la réponse par lui-même. Votre enfant pourrait demander : "Va-t-il pleuvoir aujourd'hui ?". Plutôt que de donner la réponse tout de suite, répondez à la question par une autre question : "Penses-tu qu'il va pleuvoir aujourd'hui ?". Lorsque votre enfant répondra, vous devrez enchaîner avec une autre question, car il est fort probable qu'il réponde par oui ou par non. "Pourquoi penses-tu qu'il ne va pas pleuvoir ? Aidez votre enfant à trouver la raison. "Je suis d'accord. Regarde le ciel. Il est si bleu. Il n'y a pas un seul nuage dans le ciel". Avec un jeune enfant, vous devrez occasionnellement procéder de la sorte afin de l'aider à développer son raisonnement. Cependant, évitez de le lui demander tout le temps, car cela le découragerait. Si vous faites cela, il finira par se fermer et ne sera plus ouvert à la raison. La modération est la clé. Qu'en est-il de l'enfant élémentaire ? L'enfant du primaire connaît une sorte d'âge d'or du raisonnement. À l'âge de 7 ans, le cerveau entre dans une nouvelle phase de développement, les lobes frontaux et temporaux se développant de manière significative. Entre 7 et 9 ans, les enfants peuvent penser de manière plus abstraite et symbolique, comprendre des parties de concepts avant de connaître l'ensemble, comprendre les sentiments des autres, penser de manière plus complexe et participer au raisonnement inductif. Le raisonnement inductif est l'utilisation de la raison pour tirer des conclusions à partir de modèles observés. "Tous les matins à l'école, nous chantons, donc ce matin je vais probablement chanter. Le raisonnement déductif est utilisé dans la méthode scientifique. "Tous les oiseaux pondent des œufs. Un rouge-gorge est un oiseau, donc un rouge- gorge pond des œufs". D'un point de vue pratique, nous devons inciter l'enfant du primaire à utiliser constamment ses capacités de raisonnement. Cet enfant appliquera la raison à presque tout ce qu'il fait. La raison peut être utilisée pour les mathématiques ou pour tester les limites et comprendre les normes sociales. "C'est l'heure d'aller au lit". "Oui, mais hier soir, je me suis couché 15 minutes plus tôt, alors ce soir, je peux me coucher 15 minutes plus tard." C'est à vous, en tant que parent, de décider si le raisonnement de votre enfant est logique ou non. Il peut très bien être logique, mais il peut s'agir d'une utilisation de la raison que vous pouvez considérer comme inappropriée, injuste ou manipulatrice. Une discussion est nécessaire dans ces situations. Cependant, la plupart du temps, il s'agit d'un enfant qui veut connaître la raison des choses et vous, en tant qu'adulte, devez créer un environnement riche en possibilités d'exprimer le pouvoir de raisonnement de l’enfant. Les enfants ont besoin de penser par eux-mêmes. C'est un aspect important de la possession d’un intellect fort. La capacité de raisonnement est utile dans presque tous les aspects de la vie, des mathématiques à la morale. On peut clairement comprendre pourquoi le raisonnement peut aider en mathématiques, mais qu'en est-il de la moralité ? Si nous utilisons la morale sans raisonnement, notre capacité d'empathie sans équité peut conduire au népotisme ou à des représailles morales justifiées telles que la rage au volant. "Il m'a coupé la route, je vais lui donner une leçon ! Tout comme la langue, nous ne pouvons pas faire parler un enfant, mais nous pouvons certainement avoir un impact sur les expériences périphériques de nos enfants. Nous devons donner à nos enfants de riches expériences dans l'utilisation de la raison et de la moralité. Le développement moral est lié au développement cognitif. La capacité d'un enfant à moraliser et à raisonner varie en fonction de sa maturité. Nous devons donc jouer un rôle actif dans l'expérience que nos enfants reçoivent. Terminons par les mathématiques et le raisonnement. La plupart des mathématiciens affirment que les vérités mathématiques existent déjà et sont prêtes à être découvertes. Nous avons tous un esprit mathématique, mais c'est un esprit rudimentaire, c'est pourquoi nous devons lui offrir des expériences riches afin de développer ses prouesses. Ces expériences développent notre capacité à raisonner mathématiquement. Une fois le raisonnement mathématique développé, la possibilité de faire des découvertes mathématiques l'est également. Nous devons offrir à nos enfants des expériences riches pour développer leur capacité de raisonnement et cela justifie certainement une participation de la part des parents. ©Ryan Katz

  • L’enfant difficile

    Maintenant que nous avons attiré votre attention avec ce titre, nous aimerions tout de suite enlever le mot difficile du mot enfant.  La difficulté n'est pas le résultat de l'enfant mais plutôt de son environnement.  En tant que parent, il serait sage d'examiner la situation de votre foyer par rapport à votre enfant.  Le concept de "l'enfant difficile" est généralement lié à la situation.  Votre enfant est-il "difficile" parce qu'il n'a pas assez dormi ?  N'a pas assez mangé ?  Il faut également se pencher sur la stimulation.  Votre enfant est-il stimulé à la maison ?  Ce que nous entendons par là, c'est si votre enfant utilise ses mains.  Plus votre enfant utilise ses mains, plus il peut exprimer des choix.  En faisant des choix, l'enfant exprime son désir.  Une fois que l'enfant a manifesté son désir, il peut commencer à utiliser ses mains pour travailler.  Le travail sera exprimé par l'utilisation des mains, car celles-ci sont un lien direct avec l'esprit.  L'esprit est le concept de l'intellect, des sentiments, du raisonnement, de la conscience, de l'inconscience, de la mémoire, des capacités d'attention et de la volonté.  Lorsque vos enfants travaillent avec la main, non seulement ils stimulent tous ces concepts, mais ils expriment leur individualité, ils s'adaptent à leur environnement et ils se lient à d'autres êtres humains.  La main est également liée non seulement à l'intelligence mais aussi à la liberté, car lorsqu'un enfant n'utilise pas suffisamment sa main, il désobéit.  Les questions simples à se poser sont les suivantes : "Est-ce que je fournis suffisamment d'activités pour l'utilisation des mains de mon enfant ?  Mon enfant exprime-t-il son désir à travers l'utilisation de ses mains ? ".    " ...L'intelligence de l'enfant peut se développer jusqu'à un certain niveau sans l'aide de sa main.  Mais si elle se développe avec sa main, alors le niveau qu'elle atteint est plus élevé, et le caractère de l'enfant est plus fort... Selon mon expérience, si, pour des raisons particulières, un enfant n'a pas pu utiliser ses mains, son caractère reste à un stade bas de sa formation : il est incapable d'obéir, n'a aucune initiative et semble paresseux et triste ."  AM K 158 Ryan

  • La collaboration

    À quoi faut-il penser lorsqu'on parle de coopération, en particulier en ce qui concerne nos propres enfants dans les écoles Montessori ?  Très souvent, dans un contexte Montessori, il faut penser à la situation dans son ensemble.  Tout d'abord, cette vue d'ensemble est celle de l'enfant en tant qu'être humain.  De là, nous passons à la collectivité de la nature humaine.  Pourquoi ?  La pédagogie Montessori tire sa méthode des racines anthropologiques ainsi que de la biologie et de la psychologie de l'enfant ; par conséquent, pour comprendre certains concepts, il est nécessaire de réfléchir à l'évolution humaine.  La coopération est une caractéristique de l'expérience humaine.  Les êtres humains ont commencé à coopérer il y a très longtemps, il y a au moins 200 000 ans, avec l'émergence de notre espèce.  D'autres hominidés ont coopéré et même d'autres animaux du règne animal sont connus pour coopérer également.  Lorsque l'on pense à la coopération, certains concepts tels que l'altruisme apparaissent parfois.  L'altruisme est un comportement individuel qui profite aux autres, mais pas à l'individu lui-même.  Pourtant, l'homme n'est pas la seule espèce capable d'un comportement altruiste, comme l'ont montré les recherches du primatologue Frans de Waal sur les chimpanzés.  Qu'est-ce que la coopération ?  La coopération est un sujet quelque peu complexe car elle nécessite la compréhension de concepts tels que la sélection des membres d'une même famille, le groupe interne, le groupe externe, la réciprocité, l'intention et l'intentionnalité conjointe.  Comment comprendre alors la coopération dans le contexte des relations parents-enfants ou enseignants-enfants ?  Là encore, l'évolution humaine nous éclaire.  Bien que d'autres hominidés aient coopéré, aucune autre espèce dans l'histoire de la terre n'a coopéré de la même manière que l'homo sapiens.  Comment le savons-nous ?  Regardez autour de vous, notre propre ville a une mairie qui gouverne, nous donnant accès à l'eau, à l'électricité ou aux routes.  Nos maisons sont construites le long de rues qui forment des quartiers et des plaques de rue indiquent où nous nous trouvons.  Notre mairie est gouvernée par la capitale et dans la capitale se dressent des édifices étonnants comme Notre Dame ou la Tour Eiffel.  Comment cela est-il possible ?  C'est grâce à la coopération des êtres humains que cela est devenu une réalité.  Et non seulement cela, mais cette coopération s'est transmise de génération en génération.  Il a fallu 182 ans pour construire Notre-Dame, aucun être humain ne vit aussi longtemps, mais la coopération entre les êtres humains est éternelle.   Il faut considérer l'enfant ou son propre enfant dans cet aspect de la coopération humaine.  Lorsqu'ils deviendront adultes, ils participeront activement à la création de ce que le Dr Montessori appelait la supra-nature.  La supra-nature est ce qui a été décrit plus haut, le réseau de routes, de bâtiments, etc... tous construits par les humains au-dessus de la nature.  Or, les enfants sont en plein développement, leur « travail » est de se développer.  La coopération dans toute sa complexité ne peut pas nécessairement être attendue de la même manière que l'on pourrait l'exiger d'un adulte.  Il faut donc considérer la coopération chez les enfants comme quelque chose de différent, quelque chose qui se développe.  Cependant, en tant qu'adultes, nous ne devrions pas donner carte blanche aux enfants pour qu'ils ne coopèrent pas.  Il est bien connu que la lecture aux bébés développe les compétences linguistiques. Pourtant, lorsque nous lisons aux bébés, nous pouvons avoir l'impression que rien n'est absorbé, mais rassurez-vous, c'est le cas.  Les enfants ont besoin d'être encouragés à adopter un comportement coopératif et de voir les adultes adopter un comportement coopératif. Le neuroscientifique social Matthew D. Lieberman a qualifié les humains de « super coopérateurs », ce qui a permis de réaliser l'extraordinaire exploit de construire une culture humaine (supra-nature).  Où se situent les enfants dans cet aspect de la culture humaine ?  Là encore, ils sont en plein développement et n'ont pas encore atteint le niveau de super-coopérateurs.  Plus ils sont jeunes, moins ils sont développés.  Ce n'est pas avant le troisième plan de développement (12-18 ans) que nous commençons à voir les premières incursions réelles dans le type de coopération dont les humains sont vraiment capables.  À cet âge, le Dr Montessori parle d'expériences sociales qui construisent la conscience de l'individu.  En d'autres termes, l'individu adolescent se lie à la société.  Les enfants de l'âge élémentaire et les enfants du premier plan (0-6) font encore l'expérience de la coopération, mais d'une manière différente de celle de l'adolescent.  Cependant, il y a une clé qui rend la pédagogie Montessori unique et différente de toutes les autres formes d'éducation, c'est son approche de la coopération.  Le Dr Montessori a déclaré : « La première réforme de l'éducation doit consister à offrir un environnement plus large et à multiplier les possibilités d'association et d'activité ».  Pour comprendre ce qu'elle veut dire, il faut examiner à la fois l'association et l'activité pour arriver à comprendre ce que l'on entend réellement par coopération dans le contexte de l'enfance.  L'association est motivée par la tendance humaine à la communication.  Il s'agit de la tendance à parler avec les autres, à leur parler de choses et d'autres.  Les écoles publiques suppriment cette caractéristique de l'enfant.  Les enfants veulent s'associer avec d'autres parce qu'ils ont cette tendance à vouloir communiquer avec les autres.  L'autre aspect est l'activité.  Dans la pédagogie Montessori, on reconnaît que l'activité spontanée est la pierre angulaire du comportement humain.  L'activité spontanée est la manifestation des énergies internes qui poussent le développement vers l'optimisation.  Il ne s'agit pas d'un enfant qui court spontanément dans les allées de son supermarché.   En ce qui concerne l'activité et la coopération, le Dr Montessori a été très claire lorsqu'elle a déclaré : « On s'est toujours rendu compte que quiconque fait un travail trop dur doit s'associer à d'autres ; mais nous avons vu chez les petits enfants que même pour être capable de comprendre, il est nécessaire de s'associer à d'autres ».  Cela donne une véritable idée de la coopération chez les enfants de moins de six ans.  Pour coopérer, ils doivent avoir une réelle compréhension de l'activité (le travail).  Si ce n'est pas le cas, la coopération devient un simple bavardage.  L'enfant âgé de 0 à 6 ans est chargé d'acquérir des connaissances : acquisition du mouvement, acquisition du langage, pour n'en citer que deux, et l'acquisition requiert de la coordination.  La coordination est l'organisation des différents éléments d'un corps ou d'une activité complexe de manière à leur permettre de travailler ensemble efficacement.  L'enfant doit coordonner son esprit, son corps et son âme afin d'acquérir un développement.  Si tel est le cas, on comprend aisément que le travail individuel se prête mieux au développement.  Plus l'enfant est jeune, plus les acquisitions sont intenses, pensez au langage ou à la marche.   Pour les enfants de 3 à 6 ans, il y a toujours des occasions de coopérer ; pour les plus jeunes, il peut s'agir d'avoir une conversation tout en grignotant.  Cependant, il ne faut pas oublier que les enfants sont encore en train d'acquérir des compétences en matière de conversation.  Souvent, ils parlent simplement par-dessus l'autre ou changent rapidement de sujet.  Il n'est donc pas exagéré d'imaginer que de jeunes enfants travaillant sur les mathématiques peuvent complètement oublier l'activité proprement dite et être absorbés par la conversation, ce qui n'est pas nécessairement une bonne chose.  Afin de travailler véritablement les mathématiques ensemble, chaque enfant doit avoir un certain niveau de compréhension de la manière de réaliser l'activité, sans quoi celle-ci dévie au lieu d'évoluer.  Les enfants qui ne sont pas capables de travailler avec d'autres à ce stade ont besoin de plus de temps pour travailler individuellement afin de développer l'acquisition nécessaire pour pouvoir travailler avec d'autres sur une activité.  Le travail individuel les aide à acquérir les rouages de la réalisation d'une activité, ce qui développe la pierre de touche de la capacité à travailler.   Au niveau 3-6, l'enfant devient conscient pour la première fois.  Les premiers souvenirs de l'être humain datent généralement de cette période, car avant l'âge de trois ans, il est inconscient.  Ce n'est donc pas une coïncidence si, après l'âge de trois ans, les enfants cherchent à se lier à d'autres enfants.  Avant l'âge de trois ans, il s'agit d'un type de lien différent, plus proche d'un lien nourricier qui construit l'attachement, un élément important pour le développement de relations humaines saines.  Après trois ans, les enfants prennent conscience des autres et sont attirés par la communication avec eux, mais le hic, c'est qu'ils ne savent pas vraiment comment s'y prendre.  S'ils sont laissés seuls sans activité utile, leur potentiel de développement est rapidement réduit.  C'est l'importance du travail ou de l'activité, qui met les enfants sur la voie d'un développement optimal.  Les enfants qui pleurent, s'énervent, se plaignent ou deviennent trop émotifs à cause des autres sont des enfants qui ont besoin de passer plus de temps à travailler individuellement afin de développer une compréhension de l'activité.  Il en va de même pour l'enfant qui en est l'instigateur.  En général, ces expériences font partie du développement de la coopération.  Les enfants ont besoin d'expérimenter les montagnes russes émotionnelles de la coopération sociale afin de développer le véritable sens de ce que l'on entend par « super coopérateurs ». Et qu'en est-il de l'enfant du primaire ?  Ces enfants savent comment tenir des conversations, mais pour certains d'entre eux, ces conversations deviennent le travail.  Il s'agit d'une mauvaise voie.  La connaissance, en particulier chez les enfants, est directement liée à l'exposition.  L'enfant du primaire commence à voir l'univers sous un jour différent.  Les enfants sont capables de développer une compréhension épistémologique de type relativiste.  En d'autres termes, ils commencent à prendre conscience du fait que la périphérie, c'est-à-dire l'extérieur du moi, est la grande source de la connaissance.  Par conséquent, les enfants qui permettent à leur tendance à la communication d'éclipser d'autres tendances telles que l'abstraction, l'exploration, l'imagination ou le travail sont malavisés car ils ne voient pas la périphérie comme cette source de richesse.   La pédagogie Montessori s'appuie toujours sur le stade de développement précédent et, pour la coopération, elle doit à nouveau être basée sur la compréhension de l'activité afin de coopérer réellement.  La compréhension n'est pas nécessairement l'abstraction du concept, car si c'était le cas, il n'y aurait pas besoin de travailler, mais la compréhension de la procédure qui pousse l'enfant à être actif.  La procédure mène à l'abstraction et c'est la raison pour laquelle le Dr Montessori a développé du matériel pour développer les abstractions.  La période élémentaire est la période de la vie au cours de laquelle l'enfant a besoin d'explorer autant de concepts que possible.  C'est la période de la vie où la force de Coriolis ou les suffixes sont complètement facettés.  Les enfants acquièrent ainsi des connaissances approfondies qui serviront de base à toutes les périodes suivantes de la vie.   Encore une fois, la coopération n'est pas synonyme de conversation.  La coopération est synonyme d'activité, une activité qui mène au développement.  Les enfants du primaire veulent collaborer et la collaboration est l'action de travailler avec quelqu'un pour produire ou créer quelque chose.  L'enfant du primaire a besoin d'interagir avec les autres parce que c'est l'enfant qui est devenu de plus en plus conscient de la société dans son ensemble, comprenant comment de nombreuses personnes travaillent ensemble pour créer une société qui fonctionne.  C'est la première fois dans la vie d'un être humain qu'il est lié à la dépendance du travail des autres.  Pourtant, si l'on examine l'histoire de l'humanité, on s'aperçoit que la collaboration peut aussi être négative et que la machine sociale peut être déformée pour créer le mal.  L'enfant du primaire souhaite naturellement travailler avec ses pairs et l'écrasante majorité de ce temps doit être libre de toute compétition et avoir un but authentique.  Ce but est de travailler pour comprendre les rouages de l'activité en question.  La richesse de la matière dans un environnement élémentaire est remarquable, mais si les enfants ne sont pas actifs, elle prend la poussière.   Il n'incombe pas uniquement à l'école de guider les enfants, mais aussi aux parents et à d'autres adultes.  Les adultes peuvent aider les enfants non pas nécessairement en leur demandant directement s'ils comprennent un concept particulier ou une abstraction, mais en écoutant et en parcourant les différents sujets.  Les matières du primaire sont la langue, la géométrie, les mathématiques, l'histoire, la musique, la géographie et la biologie.  « Hé, sur quoi travaille-t-on en biologie ? »  Si vous commencez à entendre les mêmes choses à plusieurs reprises, vous saurez que votre enfant est devenu victime de sa tendance à communiquer.  L'importance de trouver une activité utile est également la responsabilité de l'enfant du primaire, et la responsabilité est un outil important pour réussir à l'âge adulte.    Enfin, il est important de souligner que les autres formes d'éducation sont insuffisantes pour les enfants car elles reposent sur la dépendance de l'enfant à l'égard de l'adulte.  Ce format consiste en un enseignant/animateur qui donne aux enfants une activité directive, dans laquelle les enfants apprennent ou font tous la même activité en même temps.  Cela détruit la nature de l'individu parce que cela réduit la capacité de l'individu à coopérer spontanément, ce qui est nécessaire pour réaliser le potentiel optimal afin de devenir un super coopérateur.  Les enfants ont besoin de leurs pairs pour développer des compétences de coopération et une dépendance excessive à l'égard de l'adulte laisse ce potentiel inerte.   Ryan

bottom of page